18/06/2007

Ne pars pas!

 

Ne pars pas ! Pas aujourd'hui. Ni demain non plus.

Laisse ta main dans la mienne. Souviens-toi de ce que tu disais hier encore « nous deux, c'est parti pour des années ». Des années sans arriver à épuiser ce stock d'amour qu'il y a en nous. Des années pour découvrir à l'infini toutes les facettes de notre tendresse.


Laisse ta main dans la mienne. Souviens- toi des enfants que nous devions faire ensemble. Nous avons passé tellement de temps à choisir leurs prénoms, à les aimer avant même de les décider.


Laisse ta main dans la mienne. Nous avons encore tant de nuits blanches à passer. Vas-tu nous laisser séparer par le premier chauffard venu ? Que nous importe que les remords lui ronge le reste de sa vie d'ivrogne?


Laisse ta main dans la mienne.

Ne pars pas ! Pas aujourd'hui ! Ni demain non plus : je t'aime, je t'aime !


Allons, mademoiselle ,soyez courageuse . Tout est fini !

22:34 Écrit par May | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

08/06/2007

Hier, au bord de la route.

 

Jeudi 7 juin, 16h, 26° .... au bord de la route, elle marche. A son épaule droite, un gros sac en bandouillère, dans le bras gauche un bébé.

Elle marche. D'un pas fatigué, sous le soleil.

Un coup d'oeil au rétroviseur: c'est à peine plus qu'une gamine.

Dans ma tête, le souvenir de la mère de seize que j'ai été ....

Je roule machinalement; je sais déjà qu'au premier rond-point, je ferai demi-tour.

Je reviens dans sa direction. Je me dis qu'elle entrée dans l'une des maisons. Que tout est dans l'ordre...

Elle s'est assise dans un abri – bus. Le regard dans le vide, elle pleure silencieusement. A côté d'elle, l'enfant endormi est couché sur les vêtements qui sont pliés dans le sac ouvert.

Je sors de la voiture, je m'approche d'elle «  Tout va bien? » Elle me fait signe que non. Faut-il la déposer quelque part ? «  Je voudrais rentrer chez moi » Ou est-ce chez elle ? Elle me donne le nom d'une ville, à 30 km d'où on est.

On m'attend. Déjà, je suis en retard.

Elle ne demande rien.

«  Monte, je vais te conduire »

Elle me regarde, prend l'enfant toujours endormi, ramasse le sac.

Elle me regarde, s'installe sans un mot dans la voiture.

Elle pleure toujours en silence. L'enfant s'éveille et me regarde, étonnée.

De temps en temps, elle embrasse sa petite Léa qui a six mois.

Les kilomètres s'étirent dans le silence. Petit à petit, elle s'arrête de pleurer.

Je n'ose lui demander son âge; au fond de moi, je sais ce qu'elle va me répondre.

Mon gsm sonne. «  Tout va bien ? » « Tout va bien. Juste un petit imprévu: je raccompagne une jeune fille  ».

Elle me regarde. On arrive en ville; elle m'indique le chemin. J'arrête la voiture devant un pauvre immeuble au fenêtres sales. Elle sort des clés de son sac.

Le bébé sourit.

« Merci, merci beaucoup madame » Elle ne dira rien d'autre.

Dans ma tête, le souvenir de la mère de seize ans que j'ai été...


Je démarre. Quelqu'un qui m'aime m'attend.



22:15 Écrit par May | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

03/06/2007

  Faut-il y croire encore ?

 

L'amour, Annick, elle n'y croit plus vraiment.

D'abord, il y a eu cette douloureuse histoire qu'elle a du assumer, il y a quelques années. Comme elle a souffert! Comme elle a du lutter contre elle-même pour ne pas retomber dans cet enfer! Quand il lui arrive d'y penser, elle s'en étonne encore.

Le chemin pour retrouver la sérénité a été long mais elle y est finalement arrivée.

Et puis, toutes ces années à entendre ses collègues décortiquer leur quotidien et s'en plaindre, ont fini par persuader Annick que, finalement, c'était elle la mieux lotie.

Elle garde tout de même une petite faiblesse : elle continue à prendre ses congés à la fin de l'année. Pour partir passer le temps des fêtes là ou elle n'a aucun souvenir!

Pourtant, si elle ne croit plus vraiment à l'amour, Annick n'est ni malheureuse, ni aigrie. Alors, pourquoi, sans raison aucune, un regret vient-il parfois lui pincer le coeur? Comme par exemple quand Antoine, le nouveau voisin, s'est installé dans le quartier.

Sans raison aucune, parce-que Antoine n'a rien d'extraordinaire. Sauf son sourire. Un sourire qui reste fiché derrière les yeux d'Annick et qui lui revient dès qu'elle laisse vagabonder son esprit.

Heureusement, le printemps est arrivé et avec lui le temps du jardinage.

Tout le temps qu'elle aurait pu donner à un compagnon, elle l'utilise pour son jardin qui devient, d'été en été, une vétitable petite merveille.

Elle y est justement quand les voisins de droite l'appelle par -dessus la haie « Annick, Annick... on peut te rejoindre un moment ? » Et sans attendre une réponse qu 'ils savent affirmative, les voilà qui sautent la petite barrière du jardin.

Et avec eux,Antoine ... et son sourire. Il tient un carton d'un air un peu embarrassé.

... Il a sonné plusieurs fois mais sans doute n'a-t-elle pas entendu . Alors, il est passé chez Valérie et Tom , et ils ont décidé d'appeler par-dessus la haie ... Il serait tellement content si elle était d'accord de se joindre à la petite « fête des voisins » du 29 ... On mettra en commun ce que chacun apportera et on soupera ensemble...

Ils se sont installés sur la petite terrasse, elle a sorti une bouteille de rosé. Pendant une heure, ils ont parlé et ri de tout et de rien .

C'est une bonne idée cette petite soirée ! Comme elle ne rentre pas avant 18h, Annick viendra avec un dessert glacé qu'elle aura préparé la veille.

Ils sont repartis et Antoine a laissé l'invitation sur la table.

Annick range les verres et voit l'enveloppe . Elle l'ouvre ; sur la carte, une seule phrase «  Annick, resterons- nous seulement voisins ? »

L'amour, dans le fond, Annick y croit peut-être encore....


19:55 Écrit par May | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |