07/10/2014

Reprise ...

Une nouvelle couleur  de fond,  un  pseudo  différent ... 

J 'ai envie  de   reprendre  cette  série  de récits  courts et je  vous donne rendez-vous très  prochainement .

22:18 Écrit par May dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/04/2007

lettre à la mère de mon enfant

 

Magali,


Voilà 17 ans que nous partageons le même enfant.

Vous, vous lui avez donné la vie . Moi, je lui ai donné une famille.

Cet enfant, que vous n'aviez pas voulu, vous avez essayé de

l'aimer. Mais derrière ce bébé joufflu, il y avait tant de souffrances, tant de haine, tant de choses que vous vouliez oublier !

Un jour, vous me l'avez amené : « J'ai fais des efforts, mais c'est impossible. Je ne veux pas lui faire de mal. Il sera mieux ici ».

L'assistante sociale qui vous accompagnait portait un sac avec quelques vêtements et vous êtes partie, sans un regard pour lui, en me disant « C'est pour son bien ». L'amour, ça ne se commande pas !

Et il s'est habitué . A nous, aux autres enfants. Il a appris à s'asseoir, à jouer ... Le plus difficile fut de lui apprendre la tendresse:

il en avait tellement peur.

Régulièremment au début, occasionnellement par la suite, vous

preniez de ses nouvelles. Votre vie changeait mais n'était pas plus

facile.

Pendant vos périodes de silence, il arrivait à vous mettre en veilleuse.

Il m'appelait maman .Il nous aimait. A sa façon . Parfois si difficile à comprendre.

La souffrance renaissait sur un coup de fil, une promesse mendiée, rarement accordée «  Tu viendras me dire bonjour? »




13:13 Écrit par May dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/03/2007

Vingt et un mars

                                                                     21 mars 1966


Un léger soupir s'échappe de ses lèvres; les paupières restent closes, la bouche juste entr'ouverte. Au pied du lit, les deux femmes, qui parlaient à voix basse, se taisent, la regarde....se regardent.

L'un d'elle – ma tante- se lève, va vers la porte, marque un temps d'arrêt, se retourne vers le lit. L'autre fait un signe de la tête. Ma tante ouvre la porte et appelle « Victor...c'est fini. »

Mon père entre, se cogne à la petite table encombrée, prends la main de l'alitée «  Bertha, tu m'entends? Dis, tu m'entends? »

Les femmes l'entourent « Allons, Victor, c'est fini. » Il se dégage et avec une force insoupçonnée, il abat deux fois son poing fermé sur la table, écrase les boites inutiles des médicaments auquels il a cru, malgré tout, malgré tous, et sort, titubant de souffrance.

Le silence.

Il est dix-sept heures : le coucou de l'horloge sort cinq fois en chantant. Les femmes sursautent. « Il faudra bloquer les aiguilles » dit ma tante.

Déjà, elles ouvrent les armoires, cherchent les draps, choisissent les vêtements....

C'est la religieuse préposée à la toilette mortuaire qui me voit, en se penchant sur ma mère, «  Emmenez donc Bernadette, ce n'est pas la place d'un enfant ! ».

De l'autre côté du lit, vissée la chaise basse, je tremble de tous mes membres.


                                                                        21 mars 2007


Aujourd'hui, Aurore est en congé; elle vient passer l'après-midi à la maison.

Je lui ai préparé son dessert préféré – crème vanille sur spéculoos- comme quand elle était petite !

La voilà qui entre, et avec elle, un tourbillon de paroles : ses semis d'herbes aromatiques qui encombrent le plan de travail de la cuisine, la grossesse d'une collègue,l'appareil photo qu 'elle compte acheter, sa dernière panne de voiture...

Elle se gave de crème, dit en riant « tout le monde regarde de l'autre côté » et lèche sans vergogne, le fond de son assiette à dessert.

L'horloge affiche dix-sept heures. Je me lève et je vais chercher le vieil album rouge. J'en sors une petite photo. Aurore se penche au dessus de mon épaule.

«  Cest fou comme je lui ressemble !  »

Un silence.

« Mais nous sommes le vingt et un;  à dix jours près, j'ai l âge qu'elle avait à sa mort . Trente-quatre ans. »

Une émotion.

Déjà,Aurore la transforme en sourire.

« Mamounette, aujourd'hui c'est un beau jour pour vous deux. Avec moi, c'est comme si tu la vengais du mauvais coup de la vie  »

Aurore me prends doucement la photo des mains et la glisse à sa place.

Elle a raison.  Aujourd'hui, c'est un beau jour. Au fond de moi, tout au au fond de moi, une petite fille s' arrête de trembler.

 

 

10:09 Écrit par May dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

13/03/2007

La voisine.

Dans le quartier des Mésanges, tout le monde connait Gilberte. C'est la Voisine! Celle à qui on confie les clefs, celle qui nourrit les chats, les canaris et arrose les plantes vertes . Celle qui garde le courrier et relève les volets le jour où on rentre de vacances.

Dès le début des congés, elle tend une ficelle devant la fenêtre de la cuisine. Pour fixer, avec un bout de papier collant, les cartes postales qui arrivent des pays de soleil.

Ses vacances à elle, c'est d'écouter les souvenirs des autres!

L'hiver, on voit peu Gilberte. Il faut dire qu'en semaine, le quartier se vide chaque matin . Et un week-end d'hiver, cela passe si vite.

 Le 8 mars dernier, Gilberte a jeté un grand trouble dans le quartier des Mésanges ! Il y avait dans chaque boite aux lettres une carte postale :

" Un bonjour d'Ostende" signé "Gilberte".

Toute la soirée les sms et les mails se croisés. Personne n'était au courant. Personne n'avait les clefs.Après toutes ces années passées si près d'elle, il fallu l'avouer, personne ne savait rien d'elle.Dès le lendemain soir, le quartier a guetté son retour.

Le 11, dans l'après-midi, un taxi s'est arrêté devant le 37 de la rue des Champs.

Elle est à peine rentrée que l'on frappe à la porte.

Les voisins sont là. Avec de la tarte et du café.

Et Gilberte -enfin- raconte elle aussi des souvenirs de vacances.

23:58 Écrit par May dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Ici un rêve se réalise, un défi se relève...

Déjà les mots, égrénés par le clavier, s'organisent pour vous interpeller.

Répondrez-vous à leur appel ? Serez-vous présent(e)s ,dans quelques jours, pour le premier rendez-vous? 

14:21 Écrit par May dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |